Analysis

La militarisation de l’orbite basse est une réalité

Qu’est-ce qu’une arme anti- satellite qui se place en orbite très basse assez correctement, puis se transforme en shrapnels ? C’est la technique indienne.

Rustique mais imparable et fort économique!

Afin qu’une telle arme soit efficace, une certaine maîtrise relative à la détection et la localisation des satellites adverses évoluant à une altitude de 300 kilomètres est requise. C’est l’orbite où évoluent la plupart des satellites-espions.

Le DRDO, l’équivalent indien du DARPA US, semble avoir maîtrisé cette technique. Il ne restait qu’à choisir une méthode de destruction. Les indiens ont choisi un vieil expedient utilisé depuis longtemps dans le domaine de la DCA et même dans d’autres domaines. La bombe à billes ou le lanceur de fragments.

La meilleure méthode de polluer l’orbite terrestre avec des milliers d’objets.

La plupart de ces projectiles metalliques vont rester en orbite pour quelque temps avant de retomber sur terre et brûler lors de leur entrée en atmosphère.

Cette méthode est brouillonne. Elle ne menace point les satellites géostationnaire des systèmes de radionavigation (GPS, Glonass, Baidu, Galileo), lesquels évoluent à plus de 36 000 km mais menacent d’éventuels vols sub-orbitaux et surtout la station spatiale internationale (ISS).

L’Inde entend ainsi développer ses moyens d’interception des ogives des missiles balistiques pakistanais dans leur phase de ré-entrée dans l’atmosphère terrestre. Un petit relent à petit budget de l’Initiative de Défense Stratégique (IDS) de l’ex-président US Ronald Reagan (1983) laquelle a profité essentiellement au développement des prétendus boucliers balistiques en usage aujourd’hui en Israël.

La militarisation de l’espace orbital est donc une réalité.

Il existe d’autres méthodes développées et mises en oeuvre pour détruire des satellites dans l’espace. La Chine utilise de puissants lasers pour aveugler les satellites espions évoluant à basse altitude. C’est la méthode soft. Beijing dispose également de missiles anti-satellite (ASAT) de plus en plus précis.

Les États-Unis et la Russie disposent d’ASAT depuis les années 70 et développent actuellement d’autres dispositifs basés sur l’accès de proximité et l’usage de moyens mécaniques d’interception. Cependant c’est les armes à énergie dirigée qui accaparent le gros des budgets alloués à la recherche dans ce domaine. Et cela ne concerne pas que les lasers, même si ces derniers offrent des avantages indéniables en matière de cadence de tir, de fréquence et de célérité.

Les Russes aurait expérimenté un tueur de satellite évoluant en orbite en mode furtif, tout comme le drone orbital Américains tueur de satellites. Il aurait testé des méthodes de neutralisation mécaniques à l’aide d’un bras robotisé dans le pur style des armes blanches anciennes. Son homologue US utilise le canon à tir ultra rapide et le lance-projectile mais rien n’est fixé. Les conditions physiques en haute atmosphère et dans l’espace sub-orbital défient souvent l’ingénierie et plus particulièrement la balistique. Le pays disposant du meilleur calculateur pourrait remporter la bataille de la localisation et de la “chasse” au satellite adverse, réussir une approche et fixer un RDV mortel. Un seul fragment et toute la mission échoue. D’où le choix pour des méthodes suicides ou le recours au shotgun. Bien évidemment il y a aussi la méthode musclée : faire exploser des charges atomiques en orbite (l’existence d’un satellite soviétique porteur d’ogives nucléaires durant les années 70 fit défrayer la chronique) ou l’usage d’armes à impulsion électromagnétiques (EMP), des bombes à neutrons (un temps préférés par le Pentagone)…

La militarisation de l’espace orbital ressemble à s’y méprendre au début de l’utilisation primitive de l’aviation lors de la première guerre mondiale il y a un peu plus d’un siècle. Cela avait commencé par le lancement de fléchettes au dessus des tranchées et a évolué ensuite vers l’usage de grenades lancées à la main puis aux bombes à gravité et la mitrailleuse.

C’est la même chose avec l’orbite basse et même lointaine. Il est techniquement possible d’envoyer des charges thermonucléaires sur la lune. Mais ceci est une autre histoire.

Les anciens craignaient par dessus tout que le ciel ne leur tombe un jour sur la tête ! Ils avaient raison. Avec autant de débris s’accumulant dans la haute atmosphère, le risque de se prendre un morceau de réacteur à combustible fissile sur la tronche devient de plus en plus élevé.

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L'Almoravide
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L'Almoravide

Le jour ou le soleil se lèvera à l’ouest, vous saurez que ces attardés ont malencontreusement fait exploser une charge thermo nucléaire à proximité immédiate de l’espace terrestre !

Dina DS
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Dina DS

olà! Je commence à comprendre ce que voulait dire “la prochaine guerre se fera dans l’espace”, lu je ne sais plus où… merci pour les retombées!

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