Caraïbes :  l'échec de la guerre hybride est patent 1

Le président élu du Venezuela, Nicolas Maduro, a qualifié d’escarmouche putschiste la tentative de quelques militaires et membres de l’opposition, soutenus par une compagnie privée de sécurité basée en Colombie voisine, de renverser le pouvoir et instaurer Juan Guaido, le poulain de Washington, au pouvoir à Caracas.

La tentative de Coup d’État comporte beaucoup de zones d’ombres et de non-dits. Les médias dominants se contentant dans le meilleur des cas de faire l’impasse sur l’événement après ce que l’on peut considérer comme la défaite la plus rapide des renseignements US de l’histoire.

Ceci étant, Washington est loin d’avoir renoncé à obtenir un changement de régime à Caracas et la décision américaine d’interdire le survol à ses appareils civils au dessous de 9000 mètres nous renseigne sur un fait passé sous silence par l’ensemble des médias et ce fait semble avoir eu un rôle décisif dans la mise en échec de la tentative de putsch des partisans de Juan Guaido : les miliciens pro-régime disposent non seulement d’une défense anti- aérienne assez dense au dessus de la capitale mais ont déployé un nombre impressionnant de missiles Sol-Air portatifs de courte portée, effectifs jusqu’à 4000 mètres d’altitude.

Le président américain a condamné Cuba pour son soutien militaire au Venezuela en menaçant La Havane d’un renforcement total du blocus total à cause de rapports émanant de la CIA indiquant que les cubains auraient fourni près d’un millier de systèmes de missiles Sol-Air portatifs dérivés de l’Igla aux milices populaires soutenant Maduro. Plus encore, Trump accuse explicitement Cuba d’avoir envoyé des troupes aux Venezuela. Ce que le gouvernement cubain a démenti.

L’appui renseignement et imagerie satellite fournis par Moscou a également joué un rôle déterminant dans l’échec de l’opération “Freedom” ou Liberté.

En réalité, Washington semble perdre la main et n’arrive plus à obtenir des changements de régime comme de par le passé. Après la Corée du Nord, Cuba, l’Iran et la Syrie, c’est le Venezuela, un pays de l’arrière-cour stratégique US qui parvient à mettre en échec des opérations de guerre hybride visant un changement de régime grâce à l’appui de ses alliés russe et chinois, lesquels semblent très remontés par les nouvelles orientations et le changement de paradigmes de la stratégie et la doctrine de défense des États-Unis qui opère une transformation profonde dans sa perception et sa désignation de nouveaux ennemis. Le prétexte de la lutte contre le “terrorisme” est abandonné au profit d’un conflit classique de grande envergure contre les “puissances révisionnistes”, c’est à dire la Fédération de Russie et la République de Chine.

Pour le moment, le concept de guerre hybride ou de quatrième génération n’est plus efficient et n’aboutit à aucun résultat probant. Les cas de la Syrie et du Venezuela font école à ce sujet.

Reste l’option de l’assaut frontal. L’option la plus risquée et la moins raisonnable dans le domaine de la stratégie. Les Japonais de la seconde guerre mondiale ont payé très cher leur usage exclusif de l’assaut frontal.

Caraïbes : l’échec de la guerre hybride est patent
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5 commentaires sur “Caraïbes : l’échec de la guerre hybride est patent

  1. Ping : Homepage
  2. La minorité qui a tenté le putsch ne représente aucunement l’aspiration de la population. Elle sert uniquement l’agenda extérieur avec l’appui des mercenaires et les collaborateurs officieux étrangers qui planifient, conseillent et coordonnent les actions.
    Quant à Cuba, elle est en plein droit d’assister un gouvernement légal par tous les moyens dont elle dispose.
    Mais je porte à croire qu’aucune intervention américaine n’aurait lieu sur le sol vénézuélien à cause bien entendu des mises en garde de la Russie qu’il faut bien prendre au sérieux, appuyée discrètement par la Chine.
    Les deux pays ont été devancés dans le cas de la Libye, mais ne sont pas disposés à l’étre dans un autre pays qui permettrait à Washington d’y asseoir son autorité

  3. face, coup d’État réussi: ils gagnent,
    pile, échec du coup d’État mais blocus économique: les populations en subissent les conséquences. Cuba, Iran, Syrie, Venezuela.
    l’Italie a subi les Années des Plomb des années 1960 aux années 1980.

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