France: la stratégie de Janus ou comment soutenir simultanément tous les protagonistes dans un conflit 1

La politique étrangère du gouvernement français actuel et même sa stratégie demeurent très vagues sinon fort difficiles à situer. Paris soutient désormais l’ensemble des parties en conflit aussi bien en Libye que dans les pays du Sahel. Cette politique de Janus a même été tentée en Syrie mais a échoué face à l’intransigeance du gouvernement de Damas, qui considère Paris comme le principal soutien du terrorisme en Syrie.

Comment peut-on définir une telle stratégie? Pour tenter de rendre intelligible une telle démarche, inutile de chercher dans le vieux manuel de Sun Tzu sur l’Art de la Guerre ou les Trente-six stratagèmes classiques chinois, mais il est assez intéressant de rappeler quelques stratagèmes de Polyen:

Artaxerxès II [Roi des rois de Perse, Fils de Darius II, qui règna de 404 à 358 avant J.C.] s’appliquait à fomenter la guerre parmi les Grecs. Mais il affectait toujours d’embrasser la cause du plus faible. Il faisait mine de mettre à niveau le vainqueur et le vaincu. Mais son véritable but était de miner peu à peu les forces de celui qui avait l’avantage.

De toute évidence, la stratégie du gouvernement français de 2019 est loin et même très loin d’approcher la stratégie des empires antiques. Mais il est intéressant de noter que depuis l’avènement de Macron à l’Élysée, la France a commencé à adopter une posture pour le moins étrange:

Au Mali, la France soutient politiquement et militairement le gouvernement de Bamako tout en soutenant les mouvements séparatistes Touaregs du Nord (qu’ils désignent comme l’Azawad) et en attisant des tensions inter-ethniques jadis inexistantes au centre de ce pays (la Massina).

En Libye, c’est un peu plus pire puisque la France soutient désormais l’ensemble des belligérants de la guerre en Libye selon les variations des rapports de force sur le terrain. Soutien militaire et diplomatique au maréchal Khalifa Haftar et au gouvernement illégitime de Tobrouk en Cyrénaïque, et, simultanément, un soutien affiché ou du moins public au président du conseil présidentiel libyen, Fayaz Al-Sarraj et son gouvernement légitime à Tripoli. En parallèle, la France tente de s’attirer les sympathies des tribus de la Tripolitaine et du Fezzan et en même temps celles de leurs ennemis séculaires en Cyrénaïque. Une posture intenable dans les sables mouvants de la politique libyenne et pourtant, un Mirage français non identifié a bien une fois ou deux bombardé une colonne militaire d’un autre belligérant à qui Paris avait fourni des armes.

C’est une politique de l’entre-deux chaises à basculement variable qui risque d’aboutir à des résultats inattendus et laquelle surtout ne fonctionne pas toujours. Ce fut le cas en Syrie.

En République Arabe de Syrie, Paris joua dès le début de la guerre qui ravage ce pays du Levant depuis le 15 mars 2011, un rôle non négligeable dans l’apparition et l’apparition de groupes rebelles et d’organisations terroristes armées qui semèrent la mort et la désolation du Sud au Nord de la Syrie. A cet égard, les services spéciaux français s’acharnèrent avec une rare intensité à détruire ce pays et abattre son gouvernement par tous les moyens possibles. Dans les faits, Damas avait toutes les raisons du monde de considérer la France comme l’un des belligérants directs de la guerre et c’est présentement la posture quasi-officielle de Damas. Or, contre toute attente, le gouvernement français tenta après la chute d’Alep de renouer le contact avec Damas à travers des canaux non officiels et liés au monde du renseignement. Damas rejeta cette amorce de contact officieuse en précisant qu’il n’avait absolument rien à dire avec un gouvernement d’un pays qui avait le sang de centaines de milliers de syriens sur les mains. Cela a provoqué l’ire de Paris qui a multiplié les efforts de déstabilisation de la Syrie et entravé les négociations de paix au niveau de l’Organisation des Nations Unies avant de participer à une agression tripartite (en réalité quadripartite) aux côtés des États-Unis  et de la Grande-Bretagne contre la Syrie occidentale qui a non seulement lamentablement échoué mais a permis un transfert de débris de missiles de croisière MBDA-SCALP (Storm Shadow) à l’Iran, la Russie et la Chine.

Cette posture ne se limite pas aux théâtres des conflits malien, libyen ou syrien mais s’étend désormais à d’autres domaines, y compris économiques. En Afrique où l’influence française n’a jamais été autant menacée d’effondrement, Paris ménage la chèvre et le chou ou fait carrément le dos rond en attendant de concocter un coup fourré à l’un ou l’autre des acteurs qui bénéficie du soutien français. Une tentative de camouflage ou de diversion? Rien n’est moins sûr et s’il est encore un peu trop tôt pour se prononcer sur la pertinence de cette stratégie, il n’en demeure pas moins qu’elle comporte déjà des coûts économique et social élevés en France métropolitaine mais également et surtout dans certains départements d’Outre-Mer où la situation socio-économique est au rouge.

Quels sont les objectifs stratégiques de la France en 2019? Servent-elles vraiment les intérêts de la France? La réponse à ces deux questions est connue des profanes. En réalité, Paris sous-traite pour des intérêts de puissances tierces qui ne convergent pas nécessairement (et même pas du tout) avec ceux de la France et cela impacte négativement la situation socio-économique interne de ce pays qui demeure prisonnier à l’instar de la Grande-Bretagne d’une certaine nostalgie impériale perdue.

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10 commentaires sur “France: la stratégie de Janus ou comment soutenir simultanément tous les protagonistes dans un conflit

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  2. Strategika51 ton pays va mal, en plus d’être le paillasson à juden que tout le monde connait, il est en passe de devenir la lie de l’humanité si ce n’est déjà fait !

    1. whaou si tu a pris la peine de commenter c’est sans doute ce que tu considère comme étant un ” commentaire constructif ”
      a ton avis que dois-je penser de quelqu’un comme ça !

  3. ” ce pays qui demeure prisonnier à l’instar de la Grande-Bretagne d’une certaine nostalgie impériale perdue. ”
    certes la Grande-Bretagne a encore des rêve d’empire et elle met en oeuvre des politique extérieur qui vont avec mais la France ! ! ! elle les a abandonné depuis longtemps car a part en Afrique noire ou des intérêt économique bien réel ni la Libye ni la Syrie ne représentais des intérêts économique concret . la France y existait plus par son rayonnement historique qu’elle a complètement perdue depuis les politiques aventureuse de Sarko, Hollande et Macron !

    Quand a La politique étrangère du gouvernement français elle peut être le fruit au sein de l’état de deux factions qui ont des ambitions différente soi d’une absence de courage qui vous fait défaire un jour ce que vous avez construit la veille !
    les élites françaises savent elle vraiment dans quel monde elle vivent ?

    dans cette vidéo :
    https://www.youtube.com/watch?v=OCNb_VdLMTY&feature=em-uploademail
    il parle ” d’opposition contrôlée ” je pense plutôt que cela pourrait juste vouloir dire qu’ils ont décider de lâcher macron, et qu’ils profitent de ce qu’ils ont sous la main !
    les européennes s’annonce comme étant une catastrophe !

    1. Bonjour Roc, branco est une taupe qui c’est immiscer dans le mouvement des GJ, pour faire taire Nicolle, dont il est l’avocat et prendre sa place… Il est aussi l’avocat (du diable?!! voir la page d’accueil de son site d’avocat, le tableau de Goya “Le Sabbat des sorcières” rien que ça) ) mais aussi de merluchon et plus inquiétant de Assange. 4min pour démontrer https://youtu.be/_Umr-QJ5Yno

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