Analysis

L’opération de libération d’otages au Burkina Faso confirme l’émergence de groupes armés extrêmement dangereux au Sahel

L’opération fort complexe menée par des forces spéciales françaises avec l’appui du Commandment unifié des opérations spéciales du Pentagone et la logistique de l’Africom, le commandement militaire Afrique, dans le nord du Burkina Faso, a permis de libérer quatre otages mais confirme de facon définitive l’extrême dangerosité des groupes armés écumant certaines régions du Mali, du Niger et du Burkina Faso.

Cette opération qui a eu lieu dans la nuit du jeudi au vendredi 10 mai 2019 ne s’est pas déroulée comme prévu mais a permis la libération de deux otages français enlevés le 01 mai 2019 au Bénin ainsi qu’une sud-coréenne et une américaine.

Le gouvernement français a reconnu officiellement la mort au combat de deux commandos marine lors de cette opération. C’étaient des hommes expérimentés qui avaient le respect de leurs pairs au sein de la petite communauté des forces spéciales, toutes armes confondues.

MT Cédric de Pierrepont et MT Alain Bertoncello, morts au combat le 10 mai 2019 au Burkina Faso. Crédit photo : Marine Nationale

Le guide béninois des deux touristes français kidnappés au Bénin a été retrouvé assassiné il y a quelques jours.

L’opération avait mobilisé les moyens de l’opération Berkhane, l’appui et la coopération active des Armées et des services de renseignement du Bénin, du Burkina Faso, du Niger et du Mali, la logistique de l’Africom, le commandement militaire américain pour l’Afrique ainsi que le très mystérieux commandement unifié des opérations spéciales US. Selon certaines informations, l’opération se serait soldée par une dizaine de morts dont au moins quatre ravisseurs, deux militaires français et un nombre indéterminé de militaires africains.

Cette opération confirme ce que les américains savaient depuis 2017 et plus précisément depuis la très sanglante embuscade de Tongo Tongo au Niger durant laquelle des forces spéciales US, des bérets verts (Green Berets), ont été taillées en pièces à coups de fusils mitrailleurs RPK par des éléments d’un groupe armé soupçonnées d’être celui de Abou Walid Al-Sahraoui : que non seulement les groupes armés écumant un corridor liant cinq pays du Sahel ont acquis une redoutable capacité au combat au sol, qu’aucune force armée locale n’est en mesure d’affronter mais que ces groupes sont capables d’infliger des pertes aux troupes d’élite de l’OTAN avant de disparaître dans la nature. C’est la raison pour laquelle le Pentagone ne veut plus déployer de forces spéciales au Sahel et confie cette mission à des pays alliés comme la France, l’Allemagne, le Canada ou les Pays-Bas.

Les quatre bérets verts US officiellement tombés lors de l’embuscade de Tongo Tongo le 04 octobre 2017. De gauche à droite : US Special Forces SGTS. Jeremiah Johnson, Bryan Black, Dustin Wright, La David Johnson. (Reuters)

D’où le recours de plus en plus intensif à des drones d’attaque de grande endurance vu la nature particulière des conditions climatiques au Sahel. Une tâche très rude vu l’immensité du territoire et l’impossibilité à établir des bases de données cibles.

Les groupes armés actifs au Sahel sont issus de la criminalité transfrontalière et du narco-trafic même si certains groupes sont spécialisés dans la contrebande. Certaines bandes regroupant des éléments étrangers et locaux se réclament de l’islamisme radical international et se sont multipliés et grandement renforcés depuis l’intervention militaire française au Mali. Cette dernière a pu maintenir un semblant de pouvoir central à Bamako tout en tentant de récupérer les mouvements séparatistes mais a fragilisé l’ensemble des États du Sahel, lesquels ne contrôlent plus une grande partie de leurs territoires. Cette tâche grise s’étend désormais à des pays réputés stables en Afrique de l’Ouest.

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14 Replies to “L’opération de libération d’otages au Burkina Faso confirme l’émergence de groupes armés extrêmement dangereux au Sahel

  1. Cette opération est une mise en scène pour faire croire que la #France lutte contre le #terrorisme alors qu’elle est le terrorisme.
    Le COS (#forcesspeciales) ne déclare jamais ses victime (morts ou blessés)… Cf raqqa le 11-02-2019.

  2. Actuellement.
    Zuckerberg négocie avec Macron sur la manière de réguler les réseaux sociaux (AFP)

    1. Le cas des deux femmes est fort intéressant.
      La première porte la nationalité US ; la seconde est de nationalité sud-coréenne. Aucun gouvernement ni média n’a fait état de leur disparition. Aucun communiqué officiel. C’est des agents sous couverture bidon et le fait que leur kidnapping ou disparition n’a jamais été rendu public veut dire qu’elles avaient de fausses identités et de faux documents de voyage. Elles venaient faire un livre illustré sur la région…
      L’Afrique et ses gouvernements corrompus. Ça se passe comme ça chez McDo !
      Le cas des deux français va étonner les français. L’opération est déjà exploitée pour la propagande LGTBQZ (à compléter)…
      Quand on recrute des personnes civiles non entraînées et on les expédie sans rien au Sahel pour jouer à la collecte au milieu du groupe que l’on finance et au Safe House, il faut toujours s’attendre à ce genre de choses.
      Quelle affaire glauque !

  3. l’ère coloniale prend fin !
    les colonisateurs laisseront cette région dans l’état ou ils les ont trouvés en arrivant !
    les mines d’uranium d’Aréva sont en plein dans cette zone .
    la France peut elle assurer durablement leur exploitation ?

  4. Je suis perplexe quant à la présence de soldats africains, en plus d’un rôle de guide sur le terrain, dans cette opération. Les commandos tels que le commando Hubert concerné préfère agir en homogénéité d’entraînement, de compétence et d’équipement. Il est clair que les groupes terroristes dans le coin ont acquis un niveau d’agressivité et de compétence au combat qui semble hors de portée pour les armées régulières locales souvent moins bien équipées, ce qui explique la durée de l’opération Barkhane, les pays du G5 Sahel étant incapables de réunir à bref délai un effectif de troupes suffisamment aguerries pour tenir le terrain qui est immense et difficile tant pour les hommes que pour le matériel. J’ignore l’effectif du commando employé mais si les renseignements étaient bons concernant la petitesse du camp terroriste, il devait avoir la taille d’un peloton avec éventuellement l’équivalent d’une section en réserve.

  5. En général les groupes armés ne sortent pas de nulle part qui les a créé au départ depuis quand on envoie toute une armada pour libérer des otages aussi rapidement ???

    1. C’est un aspect passé sous silence par les médias. Des groupes comme Boko Haram ont été manipulés par les britanniques dans le nord du Nigeria. Le Mujao au nord-Mali est une création conjointe franco-marocaine et ainsi de suite.
      On ne peut évoquer cela que comme un commentaire car les temps qui courent sont durs pour la libre information. On nous accusera très vite de complotisme aigu.
      La tendance est à la suppression. Ce n’est plus seulement Facebook qui se radicalise. Tous les médias alternatifs sont désormais dans le collimateur même les analystes indépendants. Ne resterons que ceux de la Cointel Pro.
      Cet espace est insuffisant pour rendre compte des pressions énormes auxquelles nous devons faire face pour faire ce travail.
      Sans parler d’une chaîne qui utilise notre contenu sans même nous citer comme source originale. Et pourtant nous sommes ouverts à des reprises à condition de citer la source.

    2. Tout dépend de la “qualité” de l’otage.

      Du tourisme au Bénin ? Des profs en plus…
      Ultra déjà vu comme “couverture”. entre prof, médecin et reporter / journaliste, ils ne se recyclent pas des masses je trouve.

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