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Libye : un pont aérien et maritime turc pour soutenir les forces de Tripoli contre Haftar

Exclusif pour Strategika51 Intelligence :

La Turquie a envoyé des dizaines de véhicules blindés en renfort à Tripoli pour venir en aide au gouvernement d’entente nationale de Fayez Sarraj dans sa guerre contre le gouvernement rival de Tobrouk et les forces du maréchal Haftar.

Les premiers véhicules blindés turcs sont arrivés à Tripoli et surtout Misrata par voie maritime.

Des avions cargo militaires turcse continuent à atterrir à l’aéroport international de Tripoli et il demeure à peu près certain que des “conseillers militaires” turcs assistent les forces du gouvernement de Tripoli.

Des informations concordantes mais non confirmées font état de la présence de volontaires turcs issues de l’organisation ultranationaliste “les Loups Gris” à Ghariane (Djebel Gharbi/Nord-Ouest) où les forces de Haftar viennent de subir de très lourdes pertes en hommes et en matériel.

Les forces du maréchal Khalifa Haftar, qui ont pris la dénomination d’Armée Nationale Libyenne (ANL) ont juré d’écraser les renforts militaires turcs et de pousuivre l’opération “Al-Fath Al-Moubine” [La Conquête Éclatante] jusqu’à la “libération” de l’ensemble de la Tripolitaine.

Les forces ou plutôt les milices faiblement armées du gouvernement de Tripoli n’avaient quasiment aucune chance de l’emporter face aux forces de Haftar mais les renforts turcs semblent avoir radicalement changé la donne sur le terrain : le gouvernement de Sarraj, aux abois il y a un mois, a lancé l’opération “Burkane Al-Ghadab” ou [Volcan de la Colère], une contre-offensive destinée non seulement à repousser les forces de Haftar mais à reconquérir les champs pétrolifères du golfe de Syrte.

Ankara soutient militairement Misrata puisque ce sont les milices de ce port libre, lequel s’autoproclame “République de Misrata” et néanmoins allié au gouvernement d’entente de Tripoli contre les forces de Haftar et de Cyrénaïque, qui a beneficié du plus grand nombre de blindés et d’armes turcs.

Des armes et des blindés légers fabriqués en Turquie sont embarqués à Samson depuis le nord de la Turquie à bord de navires arborant le pavillon moldave partant pour la Tripolitaine.

La venue de renforts militaires turcs en Tripolitaine signifie qu’un pays membre de l’OTAN (Alliance de l’Atlantique Nord) soutient activement et militairement un gouvernement contre un autre, rival, situé en Cyrénaïque soutenu par l’OTAN, les Émirats Arabes Unis, l’Arabie Saoudite, l’Égypte, la France et la Russie.

Les relations entre Ankara et Le Caire sont franchement hostiles et extrêmement détériorées. La Turquie soutient le Qatar dans son conflit larvé avec Ryad et Abou Dhabi sur fond d’un conflit idéologique mettant aux prises les Frères Musulmans avec le Wahabisme mais également une lutte pour l’hégémonie stratégique régionale sur l’ensemble de la région MENA (Afrique du Nord et Moyen-Orient).

Addendum :

1. Fayez Sarraj s’est entretenu aujourd’hui, 22 mai 2019, avec le président de la République tunisienne, Béji Caïd Sebsi, sur les derniers développements en Tripolitaine ;

2. Point de presse du jour de Yousef Bediri, maire de la ville de Gharyan, capturée par les forces du Maréchal Khalifa Haftar et où de violents combats se déroulent depuis la venue de renforts turcs à la rescousse des milices de Tripoli.

Le maire de cette ville s’exprime sur un fond frappé du logo officiel de l’opération Burkan Alghadab ou Volcan de la Colère, une opération militaire montée par le gouvernement d’entente nationale de Tripoli avec l’appui actif de la Turquie.

Il affirme que les hôpitaux de sa ville ne peuvent plus recevoir les morts et les blessés des forces du maréchal Haftar et que la ville est toujours assiégée et partiellement occupée [par l’Armée Nationale de Haftar] et que les hôpitaux et centre de soins sont utilisés par ces forces que des considérations d’ordre logistique empêchent de repousser et de reprendre la ville. Enfin il lance un appel pressant au Conseil présidentiel de Tripoli de faire tout ce qui est possible pour reprendre Gharyan et toute la région occidentale en soulignant que 531 familles de la ville l’ont fui vers les villes de Tripoli, Zlitene et Al-Khomss.

La Libye est devenue un peu ce qu’était l’Espagne lors la guerre civile avant la seconde guerre mondiale. La Turquie et le Qatar se battent par proxy contre l’Égypte, l’Arabie Saoudite et les Émirats Arabes Unis pour l’hégémonie au sein de ce pays très riche en pétrole du Maghreb.

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6 Replies to “Libye : un pont aérien et maritime turc pour soutenir les forces de Tripoli contre Haftar

  1. la Vie est belle en Libye apres la liquidation du dictateur Kadafi je trouve , grace a l OTAN la democratie et les droits de l’homme prennent racine et pour longtemps chez le peuple Libyen ,en plus c est bon pour Israel Dixit le grand philo BHL

  2. La Libye est une région du Grand Maghreb, ce devrait être l’Algérie et le Maroc qui devraient profiter de ce chaos pour se refaire la belle, mais au lieu de ça nous avons des bons à rien en guise de dirigeant, et ce sont donc les ottomans et les guignols saouds et émiratis qui se battent pour cette région !

    1. L’Algérie et le Maroc sont radicalement opposés sur l’approche du problème en Libye…le Maroc a participer à sa destruction aux cotés de l’OTAN, l’Algérie pas du tout !

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