Analysis

Syrie : l’Armée syrienne libère Apamea (Ἀπάμεια)

Les unités de l’Armée Arabe Syrienne (A.A.S) ont libéré une seconde fois l’antique cité Seleucide d’Apamea (Ἀπάμεια) ou Afamia (en Arabe) entre les 04 et 06 mai 2019 en avançant le long de l’Oronte.

Le site abandonné depuis le 13ème siècle se trouve dans le gouvernorat de Hama, dans la plaine du Ghab, une zone où se déroulent des combats pour repousser des incursions de groupes terroristes retranchés dans la province rebelles d’Idleb.

La cité antique fondée vers 300 avant Jésus-Christ par Seleucus Nicator I a subi d’immenses dégâts causés par des fouilles sauvages menés par des chasseurs de trésors mais également par des actes de vandalisme. Deux des groupes rebelles dits “modérés”, très activement soutenus par la France et la Turquie, qui avaient pris possession des lieux en 2017, ne supportaient guère de voir ces “ruines païennes”.

Le musée adjacent au site, classé patrimoine mondial de l’humanité, a subi un pillage en règle et des mosaïques inestimables sont portées disparues.

Des centaines de vestiges et d’artifacts remontant aux périodes Hellénistique, Romaine, Byzantine et Arabe ont été pillés pour être revendus en Turquie, en Israël, en Europe et ailleurs.

Mosaïque représentant une scène de chasse (palais du gouverneur de Syria Secunda), 412-420 après J-C.

Le Cardo Maximus de l’antique cité aligne une surprenante colonnade sur près de 1200 mètres selon un axe Nord-Sud. Apamea fut entièrement détruite par un puissant séisme en 115 après Jésus-Christ pour être reconstruite sous les empereurs Trajan et Hadrien. Elle sera plus tard restaurée sous le règne de l’empereur byzantin Justinien. Saccagée par les Sassanides lors de la grande guerre entre les empires Byzantin et Perse, elle survivra jusqu’à la fin des Croisades durant lesquelles elle subira plusieurs pillages.

La libération de Apamea par l’Armée syrienne met en relief l’extrême difficulté à repousser ce qui s’apparente à une prise en étau visant le littoral syrien où se concentre le noyau dur des loyalistes. La protection de la province d’Idleb par l’OTAN vise par dessus tout à en faire une tête de pont pour un changement de régime en Syrie. Cependant cette tête de pont s’est heurtée à la présence militaire russe à quelques dizaines de kilomètres. Les turcs ont d’autres calculs plus liés à d’anciennes revendications territoriales réciproques avec la Syrie dont une concernant la province du Hatay, frontalière avec Idlib.

Le Grand Jeu continue.

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