La perte de réseaux d'espionnage en Iran et en Chine derrière le pic de tension entre Washington et Téhéran 1

La crispation subite des tensions entre les États-Unis et la République islamique d’Iran ont coïncidé avec un démantèlement d’un immense réseau d’espionnage s’étendant de Téhéran jusqu’à Beijing et à l’issue duquel une dizaine de réseaux souterrains ont été anéantis.

Après la formidable cyber-attaque de Stuxnet, en 2009, qui fut implanté en Iran au moyen d’un clé USB par un ingénieur de Siemens travaillant avec le renseignement US, la communauté du renseignement occidental s’est à nouveau focalisée sur le renseignement humain ou HUMINT en exploitant la très grave crise économique que subit l’Iran jusqu’à présent. Cette crise économique a aliéné des millions d’iraniens contre le gouvernement dominé par le clan modéré representé par le président Rouhani. Sur le terrain cela a rendu possible une tentative de révolution colorée (la Révolution verte) qui fut réduite à l’échec par le redoutable ministère iranien des renseignements et le refus de larges fractions de population à suivre un mouvement sponsorisé par les ennemis de la République .

Les sanctions économiques imposées sur l’Iran ont aggravé les clivages sociaux et précipité des dizaines de millions d’iraniens dans la pauvreté et quasiment anéanti les classes moyennes. Cela a créé un terrain fort propice pour les défections et l’infiltration et pour un moment les renseignements britanniques, allemands et US, secondés par les français avaient cru au miracle irakien : assurer à l’avance la défection de l’ensemble de l’appareil sécuritaire et militaire avant même le début d’une intervention militaire classique ou hybride comme ce fut le cas dans l’Irak de 2003.

Les opérations d’infiltration en Iran se sont étendues aux réseaux stratégiques que ce pays entretient avec la Syrie, le Liban, la Turquie et la Chine. Des officiers iraniens travaillant dans des secteurs fort sensibles ont été recrutés de diverses manières et des réseaux ont pu être établis. L’un de ses réseaux, focalisés sur la coopération bilatérale avec la Chine en matière de missiles a pu s’étendre jusqu’à Beijing ou opèrent des réseaux dormants “tolérés” pilotés par de faux hommes d’affaires canadiens.

C’est le démantèlement spectaculaire de ces réseaux avec une dizaine d’exécutions et des centaines d’arrestations, qui a mis le feu aux poudre et exacerbé les tensions entre Washington et Téhéran au point critique.

Les officiers iraniens compromis travaillaient au sein du ministère de la défense. Ils ont tous été condamnés à mort. Les autres cellules d’Isphahan, Machhed et Bandar Abbas sont tombés très rapidement. Téhéran a fourni des informations précises à Beijing sur le réseau souterrain chinois et ce dernier fut anéanti dans son intégralité en moins de 48 heures y compris dans ses derniers retranchements à Hong-Kong et Macau.

La guerre de l’ombre est rarement médiatisée et même si elle fait l’objet d’une quelconque médiatisation, les détails choisis révélés ne reflètent pas forcément la réalité.

Il semble que la perte de réseaux d’espionnage importants en Iran ne soit qu’un autre épisode de cette longue guerre qui dure depuis 1953 (année ou la CIA avait renversé le Premier ministre Mossadegh) et que cette fois-ci, Téhéran est déterminé à éviter la répétition de tels scénarii.

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La perte de réseaux d’espionnage en Iran et en Chine derrière le pic de tension entre Washington et Téhéran
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