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Algérie: présidentielles sans enjeu interne

L’Algérie s’apprête à reconduire le Président Bouteflika pour un quatrième mandat consécutif dans des élections sans aucun enjeu interne mais suivis avec la dernière attention par une Europe hantée par la rupture des approvisionnements de gaz russe.

Les élections présidentielles du 17 avril 2014 se tiennent pour la cinquième fois depuis l’adoption formelle du pays de la démocratie en 1989.

Les visites quasi-simultanées du Secrétaire d’Etat US John Kerry et de l’émir du Qatar à Alger en pleine campagne électorale-très fade au demeurant- sont loin d’être anodines et on évoque dans certains milieux informés des concessions promises par Alger sur des dossiers aussi importants que l’Africom ou encore la mise en place d’une nouvelle  stratégie régulant le marché international du gaz avec le Qatar, bien que nombre d’observateurs demeurent sceptiques à ce sujet.

Six candidats indépendants dont une femme sont dans la course. Le Président Bouteflika, un vieux renard des sables mouvants de la politique algérienne y est le plus grand favori. Il est concurrencé -en apparence- par Ali Benflis, un ex-premier ministre et un pur produit du sérail. Les deux hommes sont soutenus par les nouvelles puissances de l’argent dans un pays où l’impact de la mondialisation a été d’une extrême brutalité et où le libéralisme sauvage est devenu une véritable religion. Les deux sont disposés à faire des compromis et c’est pour cela que Washington et les principales capitales européennes dont Paris, l’ancienne capitale métropolitaine s’abstiennent d’y émettre la moindre critique. En France, instruction a été donné aux médias d’observer la plus grande retenue au sujet de l’Algérie.

L’Algérie dispose actuellement de plus de 200 milliards de dollars de réserves de change. Elle possède une redoutable puissace de feu à l’échelle du continent mais continue de subir d’importants dysfonctionnements systémiques, la corruption, une destructuration totale des rapports sociaux  et une mauvaise gestion des ressources. Sa posture géostratégique est devenue d’une extrême importance aussi bien pour les Etats-Unis que pour l’Europe occidentale depuis la crise ukrainienne et il n’est plus question de “printemps” au sein de certaines officines hostiles à ce pays.

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5 Replies to “Algérie: présidentielles sans enjeu interne

      1. Pour les gaz et pétrole de schiste, les experts (des anciens de Sonatrach, mais aussi des indépendants) ne pensent pas que cela va changer la donne. Au contraire, puisque ce n’est pas une solution durable. Elle permet de repousser l’échéance, mais guère mieux.

        Les USA en savent quelque chose.

          1. Je note que les déclarations sur le pétrole surviennent juste avant les élections, mais aussi en pleine crise à Kiev.

            Sachant que l’Algérie est un des fournisseurs de l’Europe, voilà qui va donner du baume au coeur de Moscou.

            Et en plus, les gisements en Mer du Nord sont eux-aussi dans le rouge. La seule solution pour l’Europe et l’Occident serait de faire monter le prix du pétrole, mais cela ferait le jeu de Moscou. Et cela risquerait de mal se finir si la Russie décidait de ne plus vendre sont Or Noir en dollars…

            Gagnant sur tous les tableaux, Poutine.
            Il ne faut jamais jouer aux échecs contre un russe…

            Amitiés.

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