Géopolitique Géopolitique du gaz

De l’eau (méditerranéenne) dans le gaz

L’ennui, avec les sanctions, c’est qu’elles ont toujours un revers. Dans le cas de la Russie, l’Occident c’est vite aperçu que sa sévérité potentiel s’arrêtait aux vannes de gaz. Comment punir Moscou pour son support à la frange pro-russe ukrainienne, sans que cela influe trop sur la livraison du précieux gaz à l’Europe? Même si la majorité des pays européens ont donné leur accord pour les sanctions, l’Allemagne, semblerait-il, commence à réfléchir.

C’est donc dans l’optique de réduire leur dépendance au gaz russe, que les ministres de l’énergie des pays membres du G7 vont se réunir Lundi et Mardi à Rome. Trois pistes seront explorées:
1- La possibilité d’acheminer du gaz nord-américain,
2- Le recours au gaz du Proche-Orient,
3- Une aide US pour les pays de l’Europe de l’Est, afin qu’ils puissent puiser dans leurs ressources, riches en gaz de schiste.

Si on regarde de prés, tout ceci ressemble à s’y méprendre à un emplâtre sur une jambe de bois.
– Le gaz nord-américain? Issu de la fracturation hydraulique, sont avenir est des plus incertain. Sans même parler de son prix; quant à son acheminement par méthaniers, le voyage risque d’être long, donc encore plus coûteux.
– Le Proche-Orient. Suite à l’abandon du projet Nabucco, cette solution a du plomb dans l’aile. Il y a une autre solution, qui ravirait Tel-Aviv, et qui serait l’achat de gaz israélien. Le problème étant que l’usine de liquéfaction la plus proche se trouve en Egypte. Chypre est aussi sur la liste, mais sa proximité des côtes syriennes et libanaises ne plait pas à tout le monde.
De plus, la Syrie refusant de tomber entre les mains des rebelles islamistes, la construction d’un gazoduc reliant les pétromonarchies à la Méditerranée n’est pas pour demain.
– Les gaz de schiste d’Europe de l’Est…Beaucoup s’y sont cassé les dents, excepté les Etats-Unis, bien sûr. Pour plus d’informations, je vous renvoie vers le site de Laurent Horvath.

On peut aisément tirer quelques leçons de cette réunion.
Tout d’abord, il n’est fait mention nulle part de l’Afrique du Nord. Si l’Algérie continue ses livraisons, il n’en est rien pour la Libye. On peut facilement en déduire que l’Occident ne voit aucunes améliorations dans l’avenir de Tripoli.
Dans tous les cas, et si une des mesures envisagées venait à être mise en place, le seul gagnant serait l’Amérique du Nord; et éventuellement Israël.
Enfin, l’Occident est bien conscient que ses sanctions ne valent pas grand chose. D’ailleurs, le ministère de l’économie autrichien et OMV (société d’exploration et de production qui intervient principalement en Roumanie et en Autriche) ont rencontré les dirigeants de Gazprom pour envisager un autre itinéraire pour alimenter les consommateurs de gaz européens en gaz Russe.
Gazprom et la Turquie envisagent d’augmenter la capacité du pipe de gaz Blue Steam de 16 à 19 millions de m3 par an.

Comme on peut le voir, la société gazière russe est loin d’avoir peur des représailles…

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