Actualités Géopolitique du gaz

Divorce consommé?

Ce n’est pas tout à fait officiel, mais comme cette déclaration vient de Vladimir Poutine lui-même, on peut supposer que ce ne sont pas des paroles en l’air: Le gazoduc South Stream est abandonné!

Donc, après l’abandon du projet Nabbuco – soutenu par les États-Unis – voici le tour du projet russe. Le projet (bien plus qu’un projet en fait, puisque sa construction avait déjà débuté) devait relier la Russie à l’Europe en passant par la Mer Noire, histoire de court-circuiter l’Ukraine.

Deux petits problèmes sont venus se greffer là dessus:
1- Une loi européenne de 2007 interdit à une compagnie exploitante de gaz de posséder aussi les principaux pipelines au sein de l’Union. Ce qui aurait été le cas pour Gazprom, mais aussi pour l’italien ENI, instigateur du projet.
2- La Bulgarie (qui devait être le point d’entrée du gazoduc en Europe) a suspendu les permis de construire cet été, sous la pression des USA et de l’UE d’après certains (ce qui n’étonnerait personne).

Du coup, le président russe à dit ceci:

“(…) la Russie ne pouvait pas poursuivre la réalisation du projet compte tenu de la position actuelle de la Commission européenne”. Nous allons dérouter nos ressources énergétiques vers d’autres régions du monde et l’Europe ne recevra plus les mêmes volumes de la Russie, mais c’est le choix de nos amis européens (…)”

Quelle autre solution pour l’Europe?

La semaine dernière, la question d’un gazoduc israélo-européen a été remis sur la table. A ce titre, les ministres de l’énergie israélien, chypriote et grec se réuniront le 9 décembre prochain, avec le vice-président de l’UE pour les questions énergétiques – Maros Sefkovichem. Ce projet, d’un coût avoisinant les 15 milliards de dollars, relierait les sites du “Leviathan” et les exploitations de Chypre en passant par le fond de la Méditerranée, Chypre et l’Italie.

Problème de taille, l’autorité palestinienne refuse d’ores et déjà de signer l’accord avec l’Union Européenne. Mais ce n’est pas tout, le parlement français vient de reconnaitre officiellement l’Etat Palestinien (ce qui n’engage que les parlementaires, le président Hollande ne le reconnaitra jamais, ni le premier Ministre, encore moins le Ministre des affaires étrange(ère)s), et Tel-Aviv traverse une crise politique majeure, Bibi venant de limoger deux de ses ministres (centristes, Tzipi Livni et Yair Lapid) et appelant à des élections anticipées…

Il y a quelques mois, tous les regards étaient tournés vers l’Ukraine et tout le monde se demandait comment Kiev allait bien pouvoir subvenir aux besoins en gaz de ses citoyens. Grâce à l’UE et aux USA, la solidarité a fait son œuvre; maintenant ce sont les citoyens européens dans leur ensemble qui se demande avec quoi ils vont bien pouvoir se chauffer dans les années à venir… Merci!

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2 Replies to “Divorce consommé?

  1. Le gaz des gisements en ZEE de l’Etat israélien est en eaux profondes donc cher à produire (investissement et risques), donc il faudra vraiment que le pétrole remonte haut durablement et sans yoyo pour que l’investissement d’un gazoduc de Leviathan vers l’Europe soit possible.
    Pour que le prix du pétrole ne fasse plus du yoyo, cela requiert que l’Arabie soit démocratique et coopère sincèrement dans l’OPEP et avec l’Europe, pour définir des quota sur une base négociée jusqu’à consensus. Le Consensus ou la Guerre, comme depuis 14! Voir mon livre “Ben Laden ou Kyoto? Orienter l’Occident plutôt qu’occire l’Orient”, L’Harmattan Paris, et aussi mon entretien du 25/11/2014 consultable sur le site “Les Clés du Moyen-Orient”

    1. De par son histoire, l’Arabie-Saoudite ne sera jamais démocratique.

      Je n’essaie pas de propager une idée souvent reprise par Israël et les médias (à savoir qu’il n’y a pas de démocratie au Proche/Moyen-Orient, à part Israël), mais les dirigeants saoudiens connaissent bien les tenants et aboutissants de la géopolitique régionale. Une partie de la population doit certainement avoir des aspirations en vue de plus de liberté, mais de là à croire qu’elle pourrait se révolter…

      Bien entendu, tout est possible, y compris un Printemps Saoudien, ou un Révolution des Chameaux, appelez ça comme vous le voulez, mais je pense que vous avez compris ma pensée.

      Pour l’instant Ryiad fait son boulot, le jour où elle deviendra inutile elle passera à la trappe.

      Pour en revenir à l’Europe et à ses besoins en gaz, les solutions ne sont pas nombreuses. L’Afrique du Nord (Algérie…) livre déjà une partie de nos besoins, la Norvège aussi, plus quelques forages en Mer du Nord.
      Ce n’est pas le gaz de schiste US qui nous sauvera, ni même celui que le Royaume-Uni s’entête à vouloir exploiter. Reste quoi? L’exploitation des gaz de schiste en Europe, cela risque d’être difficile, sachant que les habitants sont au courant des ravages que cela induit. Le Kazakhstan possède des gisements énormes, mais le gaz est tellement corrosif que les pipelines doivent être construits en titane – ce qui n’est pas très économique…
      Moscou a, et aura, toujours le monopole du gaz en Europe. L’UE, plutôt que de lui chercher des poux, ferait mieux de dissoudre l’OTAN et de revoir ses priorités. Mais comme cela implique de se détourner du “géant” US, je ne suis pas certain qu’on y arrive. Reste les peuples, quand on a pas de gaz pour chauffer sa maison, battre le pavé peut réchauffer…

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